Irréductibles, oui. Isolés, non. – La collecte en porte-à-porte résiste partout en France

13/05/2026

Irréductibles, oui. Isolés, non.

Un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours aux points d’apport collectifs. Et ce village, il n’est pas tout seul.

Certains nous ont collé l’étiquette de gêneurs, de réfractaires, d’amoureux du bac à roulettes. Ceux qui s’accrochent à une vieille habitude pendant que le reste du monde avance vers le progrès – ou ce qu’on nous présente comme tel.

Sauf que… les réfractaires, on les retrouve dans le Lot, dans le Gers, en Dordogne, dans le Finistère, jusqu’en Savoie. Et en Nouvelle-Aquitaine ? Ils sont une quinzaine, au bas mot, à pousser exactement le même cri que nous. Le cri de celui qui veut juste que ses poubelles soient ramassées devant chez lui, comme avant, comme partout ça devrait être.

Alors non, on n’est simplement les gêneurs du coin. On est les gêneurs de partout. Et ça change tout.

Ce que nous défendons ici, en Haute-Gironde

Le collectif touche pas à mes poubelles est né d’une décision simple, appliquée sans concertation : la suppression de la collecte en porte-à-porte au profit de points d’apport volontaires comme on les appelait alors. Des bacs partagés, des détours imposés à des personnes âgées, à des familles déjà chargées, etc.

Le SMICVAL a opté pour une réforme qui, sur le papier, optimise les tournées, prône l’écologie et réduit ses coûts. Dans la réalité du terrain, elle déplace la contrainte du camion vers l’habitant. Ce n’est pas un progrès, c’est un transfert de charge. On l’a dit, on le dit encore.

Le collectif touche pas à mes poubelles regroupe des habitants de Haute-Gironde – actifs, retraités, familles, élus – qui partagent un même constat : le service public de collecte a reculé, et personne ne leur a vraiment demandé leur avis. Ce n’est pas de la nostalgie. C’est une exigence de service rendu.

« On ne demande pas la lune. On demande que la collecte reste là où elle a toujours été : devant la porte. »

La carte de France des irréductibles

Ouvrons un peu la fenêtre et regardons ce qui se passe ailleurs.

En France, on recense aujourd’hui plus de 40 associations et collectifs qui militent activement pour le retour ou le maintien de la collecte en porte-à-porte. Quarante. Ce n’est pas un mouvement marginal, c’est une carte qui ressemble à une France entière en résistance douce.

Du Finistère au Var, du Jura à la Charente, les mêmes arguments circulent, les mêmes pétitions sont signées, les mêmes conseils municipaux reçoivent les mêmes courriers. Partout, des habitants qui n’ont rien contre le tri, rien contre l’environnement mais beaucoup contre l’idée qu’on leur retire un service sans leur demander.

En Nouvelle-Aquitaine, notre région, on compte environ 15 associations recensées sur ce sujet. Quinze collectifs qui se battent sur des territoires voisins, avec des mots similaires aux nôtres. Limousin, Périgord, Pays Basque, Charentes – la liste s’allonge à mesure qu’on cherche.

Ce n’est pas une coïncidence. C’est le signal que le problème est structurel : la réforme a été pensée pour les gestionnaires de tournées, pas pour les habitants qui vivent à l’année en zone semi-rurale.

Carte créée par Jean-Yves Martin de l’association Libérez Nos Poubelles

Qu’est-ce que ça change, de ne pas être seuls ?

Beaucoup. Vraiment beaucoup.

D’abord, la solidarité de fait : quand un collectif gagne quelque part – un retour partiel au porte-à-porte, une dérogation pour les personnes à mobilité réduite, une concertation rouverte – ça crée un précédent. Une jurisprudence citoyenne. On peut s’en emparer, s’en inspirer, le citer en réunion publique.

Ensuite, la pression nationale : quarante collectifs dispersés, c’est invisible. Quarante collectifs qui commencent à se coordonner, à relayer mutuellement leurs actions, à interpeller les mêmes parlementaires sur les mêmes textes – c’est une autre histoire. Cette dynamique est en train de se construire, lentement mais sûrement.

Enfin, le moral : on ne se bat pas bien quand on se croit seul. Savoir que d’autres portent le même combat, avec les mêmes arguments, les mêmes fatigues et la même détermination, ça réchauffe. Ça donne de la consistance à ce qui ressemblait à une querelle locale.

Notre combat n’est pas une exception girondine. C’est un symptôme national d’une gestion des services publics qui a perdu de vue l’habitant au profit du ratio coût/kilomètre. Et nommer ce symptôme clairement, c’est déjà une victoire.

La suite, c’est vous

Si vous lisez ces lignes depuis la Haute-Gironde, vous n’êtes pas seuls. Si vous lisez depuis le Gers, la Dordogne ou le Lot-et-Garonne, bienvenue dans le club des irréductibles – et prenez contact avec vos associations, vous avez des choses à vous dire.

Rejoignez le collectif, signez la pétition, partagez cet article autour de vous. Parce que la meilleure façon de ne plus se sentir seul, c’est de rendre visible ce qu’on pensait invisible.

Le porte-à-porte, c’est un service. Pas un privilège. Et ensemble, on a les moyens de le rappeler.

Et si vous voulez peser encore plus : adhérez au collectif. Pas besoin de militer tous les jours. Juste grossir les rangs, être compté, être visible. Un adhérent de plus, c’est un argument de plus face aux décideurs. Les associations qui ont gagné ailleurs l’ont gagné parce qu’elles représentaient du monde. Faisons pareil.

Partagez cet article sur Facebook, par mail, dans vos groupes de voisinage. Plus on est visibles, plus on pèse.

Questions fréquentes

Combien d’associations militent pour le porte-à-porte en France ?

Plus de 40 associations et collectifs citoyens sont recensés en France sur ce sujet. En Nouvelle-Aquitaine seule, on en dénombre environ 15.

Qu’est-ce que le SMICVAL ?

Le SMICVAL est le syndicat mixte intercommunal de collecte et de valorisation des déchets qui gère la collecte sur notre territoire en Haute-Gironde. C’est lui qui a décidé de supprimer le porte-à-porte au profit des points de regroupement.

Comment rejoindre le collectif touche pas à mes poubelles ?

Via la page contact du site, ou en partageant nos publications sur les réseaux sociaux. Chaque partage compte.

Article rédigé par Christian

Passionné par l'engagement citoyen, la photographie et la transmission des savoirs, je suis actif à la fois dans le milieu associatif et professionnel. Je dirige plusieurs projets axés sur la sensibilisation, l’éducation et l’expression artistique.

2 commentaires sur « Irréductibles, oui. Isolés, non. – La collecte en porte-à-porte résiste partout en France »

  1. Le calcul de la teom ne correspond pas à la réalité. Pour une maison de cent metres carré qui produit le plus de déchets: Une personne seule, un couple de retraité ou bien une famille de quatre, six, huit personnes ou plus!!!! j’ai connu cela dans les Yvelines dans l’agglomération de MANTES LA VILLE et MANTES LA JOLIE ou lin’était pas rare de trouver un nombre impressionnant dans un petit studio de pas quinze metres carré. Chercher l’erreur!!!! c’est un vol manifeste et faut pas s’attendre à de miracle avec les PAV. Nous en avons déjà un aperçu avec les accès limités à sept dans les déchetteries après c’est payant.

    Répondre
    • Bonjour Gérard,

      Vous avez raison : la TEOM ne reflète pas toujours la quantité réelle de déchets produite. Elle dépend surtout de la valeur locative du logement, pas du nombre d’occupants.
      C’est justement ce qui pose problème : les habitants paient un service, mais celui-ci devient parfois moins pratique avec les PAV et les limitations en déchetterie.

      Merci pour votre témoignage, il illustre bien le manque d’équité ressenti par beaucoup d’usagers.

      Répondre

Laisser un commentaire

Tweetez
Partagez
Épingle
Partagez