Le nouveau Conseil Syndical du SMICVAL a pris ses premières décisions : abandon de la réforme NéoSmicval, maintien du porte-à-porte, retrait de la taxe incitative. Et voilà que la lettre de Valérie Guinaudie au SMICVAL, adressée au nouveau président Jean-Philippe Le Gal, reprend point par point les critiques que nous formulons depuis 2023 contre les points d’apport volontaire. Ce revirement mérite un décryptage. Le voici.
Des premières décisions conformes aux engagements
Lors de son élection à la présidence du SMICVAL, Jean-Philippe Le Gal avait pris des engagements clairs. Le dernier Conseil Syndical les a tenus. Les décisions votées correspondent à ce que les usagers demandaient depuis le début du bras de fer autour de la réforme NéoSmicval.
- Abandon de la réforme NéoSmicval ;
- Arrêt de SMICVAL Market ;
- Doublement des passages autorisés en déchèterie ;
- Retrait définitif de la taxe incitative ;
- Maintien de la collecte en porte-à-porte là où elle existe encore ;
- Volonté réaffirmée de construire la prochaine réforme avec les usagers et les associations.
Ce dernier point compte autant que les autres. Une réforme de la collecte des déchets peut être nécessaire. Nous ne l’avons jamais nié. Ce que nous refusons, c’est une réforme imposée sans écoute, sans concertation réelle et sans données transparentes. Travailler avec les habitants pour définir une réforme acceptée, adaptée, et qui réduise réellement nos déchets : c’est exactement ce que le collectif demande depuis le premier jour.
Le courrier de Valérie Guinaudie : un inventaire de nos propres critiques
C’est là que l’affaire devient singulière. Dans son courrier adressé à Jean-Philippe Le Gal, Valérie Guinaudie, présidente du Grand Cubzaguais, interpelle le nouveau président du SMICVAL sur une série de problèmes liés aux points d’apport. Lisez la liste. Elle vous rappellera quelque chose.
Les nuisances pour les riverains
Nous affirmons depuis 2023 que les points d’apport volontaire (PAV, rebaptisés PAC par le SMICVAL) génèrent des nuisances pour les habitants qui vivent à proximité : bruit des dépôts, odeurs, conséquences sanitaires. Ces alertes ont longtemps été balayées. Dans son courrier, Valérie Guinaudie demande au SMICVAL de parer à tous ces inconvénients. Les mêmes inconvénients. Ceux que nous décrivions.
Les trappes, la saturation, les dysfonctionnements
Trappes trop hautes pour une partie des usagers, mécanismes qui dysfonctionnent régulièrement, bornes saturées qui débordent : nous avons documenté ces situations à de nombreuses reprises, photos à l’appui. Ces constats figurent désormais dans le courrier de la présidente du Grand Cubzaguais.
Les personnes à mobilité réduite et les habitants sans voiture
Le point le plus grave. Un point d’apport suppose de se déplacer, de porter ses sacs, parfois sur plusieurs centaines de mètres. Pour une personne âgée, une personne en situation de handicap ou un foyer sans véhicule, ce n’est pas une gêne : c’est une rupture d’égalité devant le service public. Nous avons alerté sans relâche sur ce sujet. Valérie Guinaudie demande aujourd’hui au SMICVAL d’améliorer et de simplifier la prestation pour ces publics. La demande est juste. Elle arrive tard.
Des réunions publiques et une commission de suivi
Après avoir mis en cause les PAV, la fréquence et la qualité de la collecte, les dépôts sauvages, la propreté, l’accès et l’équité entre usagers, le courrier réclame des réunions publiques pour écouter les habitants et une commission de suivi. Écouter les usagers. C’est précisément ce que le collectif réclamait quand la réforme s’est déployée. On nous répondait alors que la concertation avait eu lieu.
Pourquoi ce revirement interroge
Rappelons le contexte. Sylvain Guinaudie, ex-président du SMICVAL, était aussi vice-président du Grand Cubzaguais. Valérie Guinaudie et lui ont siégé ensemble, mis en œuvre ensemble la réforme NéoSmicval, et écarté ensemble les arguments que les usagers portaient. Ces arguments, ce sont ceux qui remplissent aujourd’hui le courrier adressé au nouveau président.
Soyons précis sur ce que nous disons et ce que nous ne disons pas. Qu’une élue reprenne des critiques fondées, c’est plutôt une bonne nouvelle pour les habitants : cela valide le sérieux du travail de terrain mené depuis trois ans. Ce qui interroge, c’est le calendrier. Ces problèmes existaient hier. Ils étaient documentés hier. Les porter aujourd’hui contre un président qui vient justement d’abandonner la réforme qui les a créés, c’est inverser les responsabilités.
| Constat | Position du collectif depuis 2023 | Courrier de V. Guinaudie en 2026 |
|---|---|---|
| Nuisances sonores et olfactives des PAV | Alertes répétées, témoignages de riverains | Demande au SMICVAL d’y remédier |
| Trappes trop hautes, pannes, saturation | Signalements documentés | Constats repris dans le courrier |
| Accessibilité PMR et foyers sans voiture | Rupture d’égalité dénoncée | Demande d’amélioration du service |
| Écoute des usagers | Réunions publiques exigées dès le départ | Réunions publiques et commission de suivi réclamées |
Le comparatif des coûts : une demande qui arrive à contretemps
Le courrier exige que le SMICVAL fournisse un comparatif des coûts entre les différents modes de collecte. La demande est légitime en soi : nous la formulons nous-mêmes depuis le début. Sauf que la présidente du Grand Cubzaguais avait un accès direct à ces informations, en la personne même du président du SMICVAL de l’époque, qui siégeait à ses côtés. Et que ce dernier n’a cessé de répéter que la collecte en porte-à-porte coûtait plus cher, sans jamais en apporter la démonstration chiffrée publique.
Réclamer aujourd’hui un comparatif qu’on n’a jamais exigé quand on était en position de l’obtenir, c’est admettre en creux que la réforme a été votée sans lui. C’est notre lecture. Les faits, eux, sont têtus : ce comparatif public et détaillé n’existe toujours pas.
« Les PAV sont le mode le plus efficace » : l’affirmation que les chiffres contredisent
Le courrier affirme enfin que la généralisation des points d’apport constitue le mode le plus efficace pour atteindre les objectifs de valorisation. Aucune preuve, aucune analyse, aucun indicateur ne vient appuyer cette affirmation. On vous dit que les bornes collectives font mieux trier. Sauf qu’un contre-exemple suffit à invalider une généralité.
Ce contre-exemple existe, à un département de chez nous. Calitom, le syndicat de traitement des déchets de la Charente, territoire rural comparable au nôtre, collecte les ordures ménagères résiduelles (OMR) en porte-à-porte. Sa performance 2025 : 132 kg d’OMR par habitant. Celle du SMICVAL : 182 kg par habitant. Cinquante kilos d’écart, en faveur du syndicat qui a conservé la collecte à domicile.
Un syndicat en porte-à-porte fait donc mieux que le SMICVAL sur l’indicateur central de la réduction des déchets. Dire que les PAV sont « le mode le plus performant » n’est pas une analyse : c’est un slogan. Les faits disent l’inverse. Ce que montre l’exemple charentais, c’est que la performance vient d’un schéma de collecte cohérent et accepté par les habitants, pas de la suppression du service à domicile.
Questions fréquentes
Qu’a décidé le nouveau Conseil Syndical du SMICVAL ?
Abandon de la réforme NéoSmicval, arrêt de SMICVAL Market, doublement des passages en déchèterie, retrait définitif de la taxe incitative, maintien du porte-à-porte là où il existe, et engagement de co-construire la future réforme avec les usagers et les associations.
Que contient la lettre de Valérie Guinaudie à Jean-Philippe Le Gal ?
Elle interpelle le nouveau président du SMICVAL sur les nuisances des points d’apport, leurs dysfonctionnements, l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, les dépôts sauvages, et réclame des réunions publiques, une commission de suivi et un comparatif des coûts de collecte. Elle affirme aussi que la généralisation des PAV serait le mode de collecte le plus efficace.
Le porte-à-porte est-il vraiment moins performant que les PAV ?
Rien ne le démontre. En Charente, Calitom collecte en porte-à-porte et affiche 132 kg d’ordures ménagères résiduelles par habitant en 2025, contre 182 kg pour le SMICVAL. L’affirmation selon laquelle les points d’apport seraient le mode le plus performant ne s’appuie sur aucun indicateur publié.
Le collectif est-il opposé à toute réforme de la collecte ?
Non. Le collectif demande une réforme construite avec les habitants, transparente sur les coûts, respectueuse de l’égalité d’accès au service public, et réellement efficace pour réduire les déchets. C’est la méthode NéoSmicval qui était contestée, pas l’objectif de réduction.
Ce que nous retenons
Les décisions du nouveau Conseil Syndical vont dans le sens d’un service public juste. Le courrier de Valérie Guinaudie, lui, confirme malgré lui trois ans d’alertes citoyennes : les problèmes que nous décrivions étaient réels, puisque ceux qui les niaient les reprennent aujourd’hui à leur compte. Nous continuerons de suivre chaque décision, chiffres et délibérations à l’appui.
Vous vivez sur le territoire du SMICVAL ? Partagez cet article autour de vous, interpellez vos élus communautaires sur le comparatif des coûts de collecte, et rejoignez le collectif pour peser dans la co-construction de la prochaine réforme.
