SMICVAL : non, le retour au porte-à-porte ne coûtera pas trois fois plus cher

SMICVAL : 7 mensonges sur le retour au porte-à-porte démontés, chiffres à l’appui

On vous l’a répété sur tous les tons : revenir au porte-à-porte, c’est la catastrophe. Trois fois plus cher. Illégal. Irresponsable.

Ces affirmations circulent dans les réunions publiques, dans certains discours politiques, sur les réseaux sociaux. Elles sont reprises sans vérification. Elles font peur. C’est le but.

Sauf que les chiffres racontent une toute autre histoire. Y compris ceux du SMICVAL lui-même.

Voici 7 affirmations martelées depuis 2022 pour justifier la réforme NéoSmicval. Et voici pourquoi aucune ne tient la route.

Mensonge n°1 : « Le retour au porte-à-porte coûtera trois fois plus cher »

C’est l’argument massue. Celui qu’on brandit à chaque tribune. Qui voudrait payer trois fois plus ?

Le problème : ce chiffre ne correspond à rien. Aucune délibération budgétaire publique ne montre un triplement des coûts. Aucun rapport officiel ne le valide.

Mieux encore : les propres projections financières du SMICVAL le contredisent.

Le document « Néo Smicval – Résultats » publié en 2025 compare la TEOM par habitant entre communes en PAC et communes en porte-à-porte :

  • En 2025 : 170 EUR/habitant en PAC contre 190 EUR/habitant en porte-à-porte. Écart : 20 EUR.
  • En 2030 (projection) : 190 EUR/habitant en PAC contre 320 EUR/habitant en porte-à-porte. Ratio : 1,68 fois.

Même dans le scénario le plus défavorable du SMICVAL – ses propres hypothèses, son propre calcul – on est à 1,7 fois. Pas 3.

Et ces projections proviennent d’un organisme juge et partie. C’est le SMICVAL qui décide des investissements, qui répartit les coûts, qui choisit les hypothèses. Aucun audit indépendant n’a validé ces chiffres.

Le « trois fois plus cher » est un slogan politique. Pas un fait budgétaire.

Mensonge n°2 : « La réforme a permis de maîtriser la TEOM »

C’est la promesse fondatrice de NéoSmicval : supprimer le porte-à-porte pour protéger le pouvoir d’achat des habitants.

Les faits disent exactement l’inverse.

Le rapport de la Chambre régionale des comptes de Nouvelle-Aquitaine (2023) documente une augmentation de 25,7% des participations TEOM versées au SMICVAL entre 2016 et 2021. Avec une accélération en 2021 : +11,5% en une seule année.

Les opposants à la réforme relèvent une hausse de 58% de la TEOM en six ans.

58% de hausse. Pendant la mise en oeuvre de la réforme.

La Chambre des comptes a aussi alerté sur l’avenir : les coûts de fonctionnement du SMICVAL pourraient augmenter de 12 millions d’euros d’ici 2026, entraînant une hausse de 55 EUR de TEOM par habitant. Et ce, à tonnage constant, sans intégrer les coûts de la transition.

Autrement dit : la TEOM a grimpé malgré la réforme. Et peut-être en partie à cause d’elle.

Mensonge n°3 : « Les conteneurs collectifs font forcément baisser les tarifs »

C’est l’autre face du même argument : « Les PAC coûtent moins cher. » Sauf que personne ne parle des coûts cachés de l’apport collectif.

Installer des bornes ne supprime pas les dépenses. Cela en crée d’autres :

  • achat des conteneurs et bornes enterrées
  • génie civil pour l’installation
  • maintenance et réparations (bornes en panne, trappes bloquées)
  • nettoyage régulier des bornes
  • gestion des dépôts au pied des bornes
  • vidéosurveillance
  • cartes d’accès magnétiques et système informatique associé

Au total, le SMICVAL a investi 34 millions d’euros dans cette infrastructure. Ces coûts sont répercutés sur la TEOM. Ils sont rarement évoqués dans les comparaisons officielles.

Quand on additionne tous ces postes, l’économie annoncée par le passage aux PAC fond comme neige au soleil.

Mensonge n°4 : « La hausse des tarifs vient du mode de collecte »

On veut vous faire croire que c’est le porte-à-porte qui coûte cher. La réalité est toute différente.

Les hausses du coût des déchets en France sont principalement liées à des facteurs qui n’ont rien à voir avec le mode de collecte :

  • la TGAP (Taxe Générale sur les Activités Polluantes) augmente progressivement depuis 2019, imposée par l’État
  • les coûts de traitement explosent, notamment à cause du monopole de certains opérateurs comme Veolia sur l’enfouissement et l’incinération
  • l’inflation énergétique et la hausse du carburant pèsent sur tous les modes de collecte
  • les nouvelles obligations environnementales (tri des biodéchets, extension des consignes de tri) génèrent des coûts supplémentaires

Le SMICVAL lui-même le reconnaissait dans son document fondateur : son modèle de collecte en porte-à-porte consommait plus d’un million de litres de carburant par an. Mais ce carburant, les camions de vidange des PAC le consomment aussi. Et les habitants qui prennent leur voiture pour aller aux bornes en consomment encore davantage, sans que ce coût soit comptabilisé.

La collecte n’est qu’une partie de la facture. Les vrais postes de dépenses – traitement, enfouissement, TGAP – augmentent quel que soit le mode de collecte.

Mensonge n°5 : « Les PAC réduisent les dépôts sauvages »

La réforme devait améliorer la propreté du territoire. Moins de poubelles dans les rues, moins de déchets abandonnés.

La réalité sur le terrain raconte autre chose.

Plusieurs élus de communes passées aux PAC signalent des dépôts au pied des bornes, des débordements les jours de saturation, des bornes en panne et inaccessibles. À Coutras, le maire a reconnu publiquement que les PAC du centre-ville généraient deux ramassages supplémentaires par jour pour les agents municipaux. Des sacs déposés à côté des bornes, matin et après-midi.

La double peine : le service public de collecte disparaît, et les communes compensent avec leurs propres agents, leur propre budget. Le coût ne disparaît pas : il est transféré.

Quant aux dépôts sauvages en forêt ou en bord de route, le SMICVAL ne publie pas de statistiques fiables sur ce sujet. Affirmer que les PAC réduisent les dépôts sauvages sans données vérifiables est un acte de foi, pas un fait.

Mensonge n°6 : « La loi oblige à supprimer le porte-à-porte »

C’est l’argument d’autorité. « On n’a pas le choix, c’est la loi. »

Regardons ce que dit la loi. Vraiment.

La loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire, 2020) impose la collecte séparée des biodéchets à partir du 1er janvier 2024. C’est vrai. Mais cette obligation ne dit rien – absolument rien – sur le mode de collecte. Porte-à-porte, apport volontaire, compostage individuel ou partagé : tout est permis.

La loi de transition énergétique de 2015 fixe des objectifs de réduction des déchets et d’augmentation du recyclage. Elle non plus ne prescrit pas la suppression du porte-à-porte.

Des centaines de collectivités en France respectent ces obligations tout en maintenant le porte-à-porte. Bordeaux Métropole, voisine directe du territoire SMICVAL, le fait. Paris, Lyon, Toulouse, Nantes aussi.

Aucun texte législatif ou réglementaire n’oblige une collectivité à passer aux Points d’Apport Collectifs. C’est un choix politique du SMICVAL. Pas une obligation légale. Que ceux qui prétendent le contraire citent le texte de loi. On attend.

Mensonge n°7 : « Le porte-à-porte est un modèle dépassé, personne ne le fait plus »

Faux. Le porte-à-porte reste le mode de collecte dominant en France. La grande majorité des collectivités françaises l’utilisent pour les ordures ménagères.

L’ADEME elle-même ne recommande pas la suppression du porte-à-porte. Elle préconise l’optimisation des tournées et la tarification incitative – ce qui est parfaitement compatible avec une collecte à domicile.

Le SMICVAL est une exception nationale, pas un précurseur. Présenter son choix comme une évidence partagée par tous est une déformation de la réalité.

L’accord d’octobre 2025 : la preuve que le retour est possible

En octobre 2025, après huit mois de médiation sous l’égide du préfet de la Gironde Étienne Guyot, un accord a été signé entre le SMICVAL et les élus de 54 collectivités opposées à la réforme.

Résultat : le porte-à-porte est maintenu dans 53 communes de Haute-Gironde et du Fronsadais, plus la Communauté de communes du Grand Saint-Émilionnais. La fréquence de collecte est ajustée, mais le service à domicile perdure.

Cet accord court jusqu’aux élections municipales de mars 2026. Les futurs élus décideront de la suite. Le retour au porte-à-porte n’est pas un fantasme : il est déjà une réalité.

Ce que les habitants peuvent faire

La gouvernance du SMICVAL dépend directement des élections locales. Les communes élisent des représentants dans les communautés de communes, qui désignent ensuite les délégués au SMICVAL.

Changer d’orientation politique dans les communes peut donc faire évoluer les décisions du syndicat. Cela s’est déjà produit dans d’autres syndicats de déchets en France. Cela peut se produire ici, dès mars 2026.

Ce que les habitants méritent

Les 210 000 habitants du territoire SMICVAL méritent un débat honnête. Pas des chiffres gonflés. Pas des slogans. Pas de la peur.

Ils méritent :

  • un audit indépendant comparant le coût réel de chaque mode de collecte, incluant les coûts cachés des PAC
  • une transparence totale sur les budgets et les projections financières du syndicat
  • le droit de choisir, via leurs élus, le système qui correspond à leur territoire, à leur mode de vie, à leurs contraintes

Et surtout, ils méritent qu’on arrête de leur mentir.

Vous vivez sur le territoire du SMICVAL ? Partagez cet article. Les faits doivent circuler plus vite que les mensonges.

FAQ : Retour au porte-à-porte et coûts SMICVAL

La loi oblige-t-elle à supprimer le porte-à-porte ?

Non. La loi AGEC impose le tri des biodéchets, pas un mode de collecte particulier. Le porte-à-porte est pratiqué par la majorité des collectivités françaises, y compris Bordeaux Métropole.

Le porte-à-porte a-t-il été rétabli quelque part sur le territoire SMICVAL ?

Oui. L’accord signé en octobre 2025 entre le SMICVAL et 54 collectivités maintient le porte-à-porte dans 53 communes jusqu’aux élections municipales de mars 2026.

Comment faire évoluer les décisions du SMICVAL ?

Par les élections municipales. Les délégués au SMICVAL sont désignés par les communautés de communes. Changer la majorité politique locale peut changer les orientations du syndicat.

Ce comparatif des coûts, la présidente du Grand Cubzaguais le réclame aussi

Valérie Guinaudie, présidente du Grand Cubzaguais, exige elle-même du SMICVAL un comparatif des coûts entre modes de collecte, dans un courrier adressé au nouveau président. Lire notre décryptage de cette lettre.

Article rédigé par Christian

Passionné par l'engagement citoyen, la photographie et la transmission des savoirs, je suis actif à la fois dans le milieu associatif et professionnel. Je dirige plusieurs projets axés sur la sensibilisation, l’éducation et l’expression artistique.

2 commentaires sur « SMICVAL : non, le retour au porte-à-porte ne coûtera pas trois fois plus cher »

  1. Je suis d’accord avec vous ,il faut que le porte à porte revienne et que le mode de calcul de la taxes d’ordures ménagères change.

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  2. Le retour à la collecte au porte à porte est indispensable. Depuis l’installation des bacs, les trottoirs se sont transformés en dépôts d’ordures et autres dépôts Sauvages. C’est catastrophique. Les gens en profitent pour se débarrasser. Et les sacs sont souvent éventrés. C’est honteux. Ça sent mauvais. Et ces bacs sont inesthétique et pas pratiques rien ne convient.

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