Élections municipales et gestion des déchets : le bilan de Touche pas à mes poubelles
La période des élections municipales n’a pas été une parenthèse pour le collectif Touche pas à mes poubelles. Elle a été une opportunité. Pendant toute la campagne, ses membres ont multiplié les présences sur le terrain, les rencontres avec les candidats et les prises de parole publiques pour remettre la réforme de la collecte des déchets là où elle devrait toujours être : au coeur du débat citoyen local.
Une réforme de la collecte des déchets devenue un sujet central
Dans plusieurs communautés de communes de Gironde – Latitude Nord Gironde, Grand Cubzaguais, Communauté de Communes de Blaye et Communauté de Communes de l’Estuaire -, la réforme de la collecte des déchets a profondément modifié le quotidien des habitants.
La suppression ou la réduction de la collecte en porte-à-porte au profit de points d’apport volontaire a semblé, pour beaucoup, une décision prise loin du terrain. Une décision administrative qui ne tenait pas assez compte des réalités locales, des distances, des contraintes physiques, des habitudes de vie et de la diversité des territoires concernés.
Pour le collectif Touche pas à mes poubelles, laisser passer les élections municipales sans agir aurait été une occasion manquée. Ces scrutins locaux sont précisément le moment où les habitants peuvent peser sur les décisions qui les concernent.
Un collectif mobilisé pendant toute la campagne municipale
Le collectif ne s’est pas contenté de publier des communiqués. Il est allé sur le terrain, là où se jouait le débat.
Des réunions publiques à la demande des candidats
Plusieurs candidats, conscients que la gestion des déchets municipale était un sujet sensible dans leur territoire, ont sollicité le collectif pour participer à leurs réunions publiques. Touche pas à mes poubelles a répondu présent à chaque fois. Ce n’est pas anodin : être invité à prendre la parole dans ces espaces, c’est la reconnaissance que le sujet compte, que les habitants attendent des réponses et que le collectif est considéré comme un interlocuteur sérieux.
Lors de ces réunions, les membres du collectif ont exposé les conséquences concrètes de la réforme. Pas de polémique gratuite, pas de tract idéologique : des témoignages, des situations vécues, des arguments factuels sur ce que provoque, au jour le jour, la suppression de la collecte des poubelles à domicile.
Une présence citoyenne pour écouter les propositions
En parallèle, le collectif a aussi assisté, en tant que simple observateur, à de nombreuses réunions publiques organisées par les différentes listes en compétition. L’objectif : écouter, comparer, comprendre ce que chaque candidat proposait sur la question des déchets.
Cette double présence – active quand on le sollicitait, attentive quand on ne le faisait pas – illustre bien la posture du collectif : ni attaque, ni passivité. Une vigilance citoyenne constante, au service de l’intérêt général.
Des échanges directs pour expliquer les injustices de la réforme
Au-delà des réunions, Touche pas à mes poubelles a mené des entretiens en tête-à-tête avec de nombreux candidats. Ces échanges ont permis d’aller plus loin que les discours publics, de poser des questions précises et d’obtenir des positions claires sur le retour au porte-à-porte.
Le message transmis à chaque fois était le même : la réforme n’est pas une abstraction. Elle a des conséquences humaines, concrètes, quotidiennes. Et ces conséquences ne sont pas acceptables.
Latitude Nord Gironde, Grand Cubzaguais, Blaye, Estuaire : des habitants concernés
Les quatre communautés de communes impliquées ne forment pas un ensemble homogène. Elles ont leurs propres géographies, leurs propres densités de population, leurs propres habitudes. Ce que la réforme de la collecte des déchets a ignoré, c’est précisément cette diversité.
Dans certaines zones rurales ou semi-rurales, les distances jusqu’aux points d’apport volontaire ont augmenté de façon significative. Ce qui paraît raisonnable sur une carte peut représenter une contrainte réelle pour qui n’a pas de voiture, pour qui porte des déchets lourds, pour qui a des difficultés à se déplacer.
Le collectif a porté cette réalité dans chacune de ses interventions : parler de gestion des déchets, c’est parler du territoire, de ses habitants, de leur vie concrète.
Les injustices concrètes d’une réforme vécue sur le terrain
Les membres de Touche pas à mes poubelles ont documenté et expliqué, lors de chaque rencontre, ce que la réforme provoque dans les faits.
Les personnes âgées et celles à mobilité réduite sont les premières touchées. Porter ses poubelles jusqu’à un point de collecte éloigné n’est pas une contrainte mineure quand on a des difficultés à marcher. Pour elles, la collecte en porte-à-porte n’est pas un confort supplémentaire : c’est une nécessité.
Les familles, elles, voient leur charge quotidienne alourdie. Plus de temps, plus d’efforts, plus de contraintes pour un service qui était jusqu’ici simple et régulier.
Les points d’apport volontaire, lorsqu’ils concentrent des volumes trop importants, peuvent rapidement se retrouver saturés. Un conteneur plein ou débordant, c’est une nuisance pour les riverains, un problème sanitaire potentiel, et la preuve que le dispositif n’est pas calibré pour absorber la demande.
Plus largement, la réforme a été vécue comme brutale, imposée sans concertation suffisante, mal adaptée aux réalités locales. Le sentiment de déclassement, dans certains secteurs qui se retrouvent avec un service moins accessible qu’avant, est réel. Et derrière ce sentiment, il y a une question de fond : à qui appartient le service public des déchets ? Aux élus qui l’organisent, ou aux habitants qui en dépendent ?
Le retour au porte-à-porte, une solution réaliste et essentielle
Face à ces constats, Touche pas à mes poubelles défend une position claire : le retour au porte-à-porte doit être sérieusement réexaminé, territoire par territoire.
Ce n’est pas une posture nostalgique. Ce n’est pas un refus du changement. C’est la reconnaissance d’un principe simple : un service public doit être accessible à tous, sans que cela dépende de la capacité physique ou des moyens de déplacement de chacun.
Le collectif ne prétend pas que le porte-à-porte est la solution unique ou magique à tous les problèmes. Il demande que cette option soit évaluée honnêtement, en tenant compte des coûts, des contraintes techniques, des réalités locales, mais aussi de la qualité de vie des habitants et de la lisibilité du service.
Le retour au porte-à-porte n’est pas un retour en arrière. C’est une réponse de bon sens quand un système devient trop contraignant, trop injuste ou trop éloigné des besoins de ceux qu’il est censé servir.
Une mobilisation non partisane mais résolument combative
Le collectif Touche pas à mes poubelles l’a répété tout au long de la campagne : il ne soutient aucune liste, aucun parti, aucun candidat en particulier. Son seul camp, c’est celui des habitants.
Cette neutralité politique n’est pas de la tiédeur. Elle est au contraire une force. Elle permet de s’adresser à tous les candidats, quelle que soit leur couleur politique, sans que le message soit récupéré ou dévié. Elle garantit que la question des déchets reste ce qu’elle devrait être : un enjeu de service public, pas un marqueur partisan.
Tous les candidats rencontrés n’ont pas partagé les positions du collectif. Certains ont écouté, certains ont discuté, certains ont botté en touche. C’est la réalité du travail de terrain. Mais dans chaque échange, le message a été posé. Et c’est déjà une victoire.
Après les élections municipales, continuer à défendre un service public juste
Les élections sont passées. Les conseils communautaires se mettent en place. C’est maintenant que les décisions vont se prendre, que les budgets vont se voter, que les orientations sur la gestion des déchets municipale vont s’affirmer ou se confirmer.
Le collectif Touche pas à mes poubelles ne range pas ses dossiers. Il entre dans une nouvelle phase : celle du suivi, de l’interpellation des élus en exercice, de la vigilance sur les engagements pris ou esquivés pendant la campagne.
Les habitants de Latitude Nord Gironde, du Grand Cubzaguais, de la Communauté de Communes de Blaye et de la Communauté de Communes de l’Estuaire méritent un service public des déchets qui les respecte. Accessible, juste, adapté à leurs réalités. Ce combat-là ne s’arrête pas le soir d’un vote.
Redonner nous nos poubelles marre de traîner les poubelles jusqu’au contenaire des fois ces déjà pleins je retourne à la maison avec les poubelles mais certaines personnes me ce gêne pas de carrément les laisser parterre c’est franchement dégueulasse moi je les ramène à la maison chez moi les gens sont vraiment trop sales pour les laisser là honte à vous tous ce qui font ça
Merci pour votre témoignage.
Vous décrivez exactement ce que beaucoup d’habitants vivent au quotidien : devoir transporter ses poubelles, trouver un conteneur déjà plein, puis être obligé de repartir avec ses déchets à la maison. Ce n’est pas normal.
Nous condamnons les dépôts au sol, car ils dégradent nos villages et pénalisent tout le monde. Mais il faut aussi regarder la réalité en face : certaines personnes n’ont pas toujours la possibilité de repartir avec leurs sacs. Quand on dépose ses déchets sur le trajet du travail, avec des enfants dans la voiture, une voiture déjà chargée, des horaires contraints, ou quand on est âgé, malade ou à mobilité réduite, la situation devient vite ingérable.
Cela ne justifie pas les incivilités, mais cela montre surtout que le système actuel n’est pas adapté aux réalités du terrain.
C’est précisément pour cela que nous continuons à demander le retour d’un service de collecte juste, accessible et respectueux des habitants.