Comprendre la réforme

Depuis 2022, le SMICVAL veut changer la façon dont vos déchets sont ramassés et payés. Voici l’essentiel, sans jargon, avec les sources.

L’essentiel en 3 points

  • La réforme NéoSmicval voulait remplacer le ramassage devant chez vous par des points d’apport collectifs, où chacun apporte ses sacs.
  • La taxe d’enlèvement des ordures ménagères a fortement augmenté pendant la mise en place de la réforme.
  • Le 19 mai 2026, le nouveau président du SMICVAL a suspendu la réforme. Le 24 juin 2026, le comité syndical a voté l’abandon de NéoSmicval : les modes de collecte actuels sont maintenus.

1. Ce qui change

Le SMICVAL (Syndicat mixte intercommunal de collecte et de valorisation du Libournais Haute-Gironde) ramasse et traite les déchets de nombreuses communes de Haute-Gironde. En septembre 2022, il a adopté un plan appelé NéoSmicval.

Ce plan prévoyait de supprimer le ramassage en porte-à-porte. À la place, chaque foyer devait apporter ses sacs à des points d’apport volontaire : des conteneurs collectifs accessibles avec une carte, parfois à plusieurs centaines de mètres du domicile.

Pour les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite ou sans voiture, c’est une vraie difficulté. Autour des conteneurs, des habitants et des élus signalent aussi des dépôts sauvages, des débordements et des bornes en panne.

Selon le SMICVAL, 48 communes (82 500 habitants) sont passées aux points d’apport, certaines contre leur gré. Les autres ont gardé le porte-à-porte : 35 communes grâce à un accord de juillet 2023, et 54 communes avec un ramassage moins fréquent (toutes les deux ou trois semaines), à la suite d’un accord trouvé sous l’égide de la préfecture en octobre 2025.

Lire : les points d’apport volontaire, atouts et limites

2. Ce que cela coûte

Le service des déchets est payé par la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM), qui figure sur l’avis de taxe foncière. Elle est calculée sur la moitié de la valeur locative du logement, multipliée par un taux voté chaque année par les élus. Elle ne dépend pas de la quantité de déchets que vous jetez. Les propriétaires peuvent la répercuter sur leurs locataires.

La réforme devait faire baisser la facture. C’est l’inverse qui s’est produit :

  • la Chambre régionale des comptes de Nouvelle-Aquitaine (rapport de 2023) relève une hausse de 25,7 % des participations TEOM versées au SMICVAL entre 2016 et 2021 ;
  • selon les calculs du collectif, la TEOM a augmenté de 58 % en six ans ;
  • le SMICVAL a investi 34 millions d’euros dans les conteneurs, bornes et cartes d’accès, un coût répercuté sur la taxe.

On entend souvent que revenir au porte-à-porte coûterait « trois fois plus cher ». Les propres chiffres du SMICVAL disent autre chose : en 2025, 170 euros par habitant en points d’apport contre 190 euros en porte-à-porte, soit 20 euros d’écart. Même sa projection la plus défavorable pour 2030 donne 1,7 fois, pas 3.

Une grande partie de la hausse ne vient pas du mode de collecte, mais de la TGAP, une taxe de l’État sur l’enfouissement des déchets, passée de 5 à 65 euros la tonne en quelques années et qui doit atteindre 105 euros d’ici 2030.

Le SMICVAL vise aussi une redevance ou taxe incitative (« moins je jette, moins je paie »), où la facture dépend en partie du volume de déchets. Mal calibrée, elle peut pénaliser les familles et encourager les dépôts sauvages.

Lire : TEOM, comprendre le calcul, la hausse et vos recours
Lire : non, le retour au porte-à-porte ne coûtera pas trois fois plus cher

3. Où on en est

  • Septembre 2022 : le SMICVAL adopte le plan NéoSmicval.
  • Novembre 2024 : environ 400 personnes à la réunion publique de Saint-André-de-Cubzac. Les maires de 53 communes se mobilisent.
  • Mars 2025 : une médiation judiciaire est obtenue devant le tribunal administratif de Bordeaux.
  • Octobre 2025 : accord transitoire sous l’égide de la préfecture ; le porte-à-porte est maintenu, avec un ramassage moins fréquent.
  • 19 mai 2026 : Jean-Philippe Le Gal est élu président du SMICVAL et annonce la suspension de la réforme des points d’apport. Aucun mode de collecte ne sera modifié sans l’accord de votre communauté de communes.
  • 24 juin 2026 : le comité syndical vote l’abandon de NéoSmicval comme modèle unique de collecte (336 voix pour, 36 contre, 30 abstentions). Les modes de collecte actuels sont maintenus : points d’apport dans 48 communes, porte-à-porte dans 35 communes, porte-à-porte à fréquence adaptée dans 54 communes. Lire la délibération n° 2026-39 (PDF).
  • Prochaines étapes : le SMICVAL engage une concertation avec les communautés de communes pour définir leur futur mode de collecte (porte-à-porte, points d’apport ou formule mixte). Le collectif suivra ces échanges et vous tiendra informés.

L’abandon de NéoSmicval est une bonne nouvelle, mais tout n’est pas réglé. Restent ouverts : la hausse de la TEOM, les recours devant le tribunal administratif, et l’avenir des communes déjà passées aux points d’apport. Le collectif reste mobilisé.

Lire le communiqué du 27 juin 2026

Sources

  1. SMICVAL, délibération n° 2026-39 du comité syndical, « Abandon de NéoSmicval et maintien des modalités de collecte en vigueur » (PDF), 24 juin 2026. Également disponible sur le site du SMICVAL.
  2. Chambre régionale des comptes Nouvelle-Aquitaine, rapport d’observations définitives sur le SMICVAL, exercices 2016 et suivants (PDF), délibéré le 28 avril 2023.
  3. SMICVAL, « Néo Smicval – Résultats » (PDF), juin 2025.
  4. Collectif Touche pas à mes poubelles, SMICVAL : 7 affirmations sur le retour au porte-à-porte, mars 2026.
  5. Collectif Touche pas à mes poubelles, Nouveau président au SMICVAL : la réforme des PAV suspendue, 27 juin 2026.
  6. Collectif Touche pas à mes poubelles, Gestion des déchets en Haute-Gironde, le dossier complet, décembre 2025.

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